La maison des enfants d’Izieu & la dernière soirée à St Nectaire

Dimanche 28 Août 2011

Nous passons la première partie de la journée à la maison d’Izieu; Guillaume ne cesse de nous répéter que ce lieu fût un coin de bonheur pour des dizaines d’enfants juifs pendant la guerre. Un lieu d’espoir et de gaieté, tel une colonie de vacances. Mais comment imaginer la liberté et la joie alors que ce lieu est symbole du contraire: on ne peut oublier que c’est là qu’ont été cachés des enfants juifs « enlevés » à leurs parents pour les sauver de la mort, jusqu’à leur arrestation par Klaus Barbie, le chef nazi qui avait auparavant torturé Jean Moulin. Oui! Malgré le fait que cet homme soit un humain, avec un coeur et une conscience, il a conduit des centaines de personnes à la mort!
A l’intérieur de la maison, des dessins, des lettres et cahiers d’enfants parfois surprenants et souvent tristes; la simple vision du mot « Maman » écrit par un enfant qui ne la reverra jamais me donne les larmes aux yeux…
Nous visitons une à une les pièces de la maison, comme la « salle de classe » ou le dortoir.
Puis, dehors, nous nous recueillons devant la plaque commémorative où les noms des 44 enfants et 7 adultes arrêtés le 6 avril 1944 par les nazis sont inscrits.

Dimanche 28 Août 2011

Les adultes ont tenu à ce que nous lisions un à un les noms de ces justes ou juifs, peu importe, ces êtres humains, que nous connaissons comme une masse et non comme 51 personnes bien distinctes qui doivent rester dans nos mémoires. Cette visite est très dure: elle symbolise le génocide d’enfants innocents! Ajoutons quand même que les hommes et femmes victimes de ce crime contre l’humanité étaient aussi innocents…

Dimanche 28 Août 2011

Nous prenons la route vers St Nectaire où nous allons passer notre dernière soirée ensemble.
A l’arrivée, nous avons peu de temps pour nous préparer, car le programme est chargé: visionnage de diaporamas et vidéos, distribution de cadeaux, cocktails, chants (dont un que nous avons nous-même écrit).

CHANT

Jeunes insouciants et pourtant déjà résistants
Guidés par leurs idéaux, rejoignant leur héros
La malchance les poursuivait et ils furent arrêtés
Par des hommes armés qui les ont tous numérotés.

A 150 entassés dans un p’tit wagonnet
Vous êtes arrivés dans une terreur organisée
Parqués, brutalisés, entourés de barbelés
Bien qu’incarcérés, vous avez su y résister!

Rentrés méconnaissables de cette horreur effroyable
Aucune personne n’a cherché à vous écouter
Mais aujourd’hui grâce à tous les efforts déployés
Nous allons enfin pouvoir prendre le relais.

Vous vous êtes battus avec vos frères disparus
Vous vous battez encore avec votre coeur d’or
Vous nous avez dit de nous souvenir pour l’avenir
Votre mémoire, c’est à nous que revient ce savoir.

Après le repas, nous nous rendons au casino de St Nectaire pour une boum déjantée. Ce n’est que vers 2h du matin que nous regagnons l’hôtel pour continuer la soirée (la matinée plutôt) à parler et rigoler.

Florine

Poème de Sabrina

Ci-dessous, le poème écrit par Sabrina et lu en public le dernier soir, avec toute l’émotion qui le compose.
Poème aux déportés

De l’amour vous nous en donnez chaque jour.
Depuis que je vous ai rencontrés, toute ma vie a changé.
Vous nous avez appris ce que c’est qu’aimer.
La guerre vous a changé sans pour autant vous faire perdre votre humanité.
Vous êtes les fondateurs de notre liberté, et aujourd’hui nous ne pouvons que vous remercier de nous avoir tout donné.
Vous nous donnez l’espoir de voir un monde moins noir.
Et chaque soir j’ai une pensée pour vous, vous qui avez connu tant de souffrances sans pour autant perdre l’espérance.
C’est pour cela que ce soir j’ai décidé de vous rendre hommage et je tiens à vous dire merci, merci d’avoir donné votre vie pour nous qui ne pouvons qu’en apprécier le prix.
Quand je lis ces vers ce n’est pas forcément le poème de l’univers, mais je l’écris avec mon cœur ce qui fait pour moi toute sa valeur.

Sabrina JEAN

Photo : Sabrina lisant son poème, Club-Med de Pompadour, 29.08