Pour le dire en chanson

Pour la dernière soirée, les jeunes de 3eme ont écrit une chanson qui, en plus d’avoir été écrite en un temps record, est magnifique. Je vous laisse donc la (re)découvrir.

ROBERT ET GUY

Il fut des temps horribles,
Où des crimes furent commis.
Cette atmosphère terrible
Nous est transmise ici.

Robert toi qui alla,
Dans un camp tout là-bas
L’horreur de Dora
Guide à présent nos pas.

Tant de souffrances connues,
De peines et de chagrins.
Vous nous avez conté,
Ce que fut votre destin.

Guy et son affection
Transmettent avec émotion,
L’histoire de sa vie,
De ses amis partis.

Nous avons vu que aimiez les plaisanteries
Et pourtant vos vies, ne vous ont pas toujours souri.
Derrière toutes ces souffrances, se cache l’espérance
Celle de ne jamais voir à nouveau ces violences.

Pour ne pas oublier, ils sont là à nos côtés.
Pour savoir avancer, sans renier le passé.
Maintenant Robert et Guy, sont devenus nos amis.
Et c’est pourquoi ensemble nous leur disons

MERCI.

Photo : Série de bisous pendant la fête, 29.08

Dernier jour : Retour sur Toulouse

Dimanche 30 août 2009

C‘est les yeux bouffis que nous prenons le petit déjeuner, sauf pour Gaétan et Fabien qu’il faut réveiller 10 minutes avant le départ et qui n’auront pas même le temps de mettre le nez sous la douche avant de partir. Revenir serait un mot plus correct mais personne ne réalise encore que ce soir, nous dormirons chacun dans un coin de Toulouse et sa banlieue, qu’il n’y aura pas de réunion, pas de bière jusqu’à 2heures du matin pour refaire le monde, pas de courses dans l’hôtel pour trouver sa chambre, pas de Joli-Coeur pour nous amener à bon port.

Nous nous arrêtons au restaurant Le Château Saint-Marcel, à Réalville et ça fait tout de suite repas de condamné. Prenez, ceci est mon corps. Dernier « Pas de lactose hein! ». Il n’y a ni soupe, ni boulette mais finalement, j’aurais avalé n’importe quelle spécialité autrichienne pour rester encore un peu. Nous reprenons la route tout de suite après et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, nous nous retrouvons à la gare routière de Matabiau. Dernère surprise: Conchita et José Ramos nous attendent depuis une grosse demi-heure dans le seul but de nous faire un petit coucou.
Mais c’est bien le temps des adieux, des dernières accolades, des quelques larmes, des derniers bisous et des « on se revoit bientôt hein ! ». Certains retrouvent leurs parents, leurs frères et soeurs et pour ma part, je rentre seule. Tant mieux. Je n’aurais pas supporté voir des visages connus dès la descente du bus. Il me reste 15 minutes de métro pour me faire à l’idée que je rentre chez moi et ce n’est que lorsque je mets la clef dans la porte de l’appartement que je me pose et pense: « c’est fini ce coup-ci ? ». J’ouvre et constate que rien n’a changé.On me demande si c’était bien, si je me suis amusée. Que voulez-vous répondre à ça ? Oui c’était super? C’est tellement peu par rapport à ce que nous avons vécu et pour le moment, je n’ai pas envie de parler et expédie toutes les questions. Je montrerai les photos plus tard en présentant une à une les personnes qui m’ont accompagnée pendant ces dix jours. A cet instant, on a beau me parler, je ne suis pas là, pas encore, je suis toujours dans le bus Verdié, avec des pieds tout autour de moi, Will me demandant toutes les 5 minutes « Ca y est, tu dors ? ». Il y a toujours Gaétan accroché à son PC, Emilie suspendant son pied à l’élastique, Sylvain la casquette enfoncée sur les oreilles, Guigui déambulant dans le couloir du bus. J’entends encore des voix lointaines, Annie racontant l’histoire du pays au micro, Alice ronflant. L’accent allemand que j’aime tant de Will résonne encore et les AGUUUULLOOOO et « Hum…Ach..Enlève ton slip!  » me semblent si près.

Je sais bien que si mon corps est à présent assis sur les bancs d’une classe prépa, ma tête et mon coeur sont encore en Autriche, avec vous tous.

Pauline

Photo : Pieds de Will, Gaétan, ainsi qu’Emilie et Sylvain et leurs élastiques.

10eme jour : journée Club-Med à Pompadour

Samedi 29 août 2009
Après une matinée de route lourde en ronflements, nous arrivons enfin à Pompadour, dans le lieu qui abritera notre dernière soirée, notre soirée d’adieu. Avant même que nous puissions descendre du bus, le gérant du village prend possession de Joli-Coeur pour nous décrire sa vive émotion de nous recevoir moins de 24 heures dans ces lieux. On pleurerait presque avec lui… Tout ça pour quelques sherpas, employés du Club, fassent 50 mètres avec nos valises pour les déposer dans un bâtiment quelconque, en vrac, dans l’escalier. Ça commence fort.
Grosse surprise pour eux de voir que tout le monde n’est pas majeur : il faut donc trier le groupe en deux, les oranges et les violets. Une histoire d’alcool soi-disant, de sauna interdit aussi. Une histoire pour faciliter le transit quoi. Toujours avec son regard vitreux de lapin illuminé par les phares d’une voiture, on nous apprend que nos chambres ne sont pas prêtes alors en guise de consolation, nous nous jetons comme des affamés sur le buffet avant de commencer l’après-midi farniente. Au programme : ballade dans les écuries, parcours sportif, piscine, bronzette, ping pong. Un G.O. vient nous proposer des « activités super marrantes! » pour l’après-spectacle. Comment lui dire poliment que la baballe au prisonnier, c’est pas trop notre truc ? Il le comprendra quelques heures plus tard en voyant toutes les filles arriver en robe. Car après plus de 30 minutes douche-coiffage-maquillage-recoiffage-cavacommeca?, nous entamons notre soirée.

Ça commence avec le chant des Partisans, puis le diaporama souvenir. C’est au tour de notre chanson, puis du poème de Sabrina, du diapo spécial Annie et enfin…Des cadeaux et des bisous. La plupart sont émus aux larmes : l’effet boule de neige de certaines émotions trop enfouies et qui ont besoin de surgir. Certains craquent véritablement et ce sont les calins des autres qui aident. « C’est quoi cette cohésion du groupe ? » s’est demandé Sylvain surpris de voir l’effet que peuvent avoir 10 jours si forts. C’est ça aussi le voyage : c’est une aventure humaine et lorsqu’elle touche à sa fin, forcément, il y a quelque chose qui se brise en nous. C’est inéluctable.

Pour ne pas gâcher le plaisir d’être ensemble, nous entamons la soirée au bar (avec un cigare pour Guigui, Will & Sylvain-eastwood.) Le « spectacle » terminé, nous descendons tous dans la boîte vide du Club-Med pour plusieurs heures endiablées. Discrète, il est quand même à noter que c’est notre Coline qui dansa le plus, sans interruption et que c’est Sylvain qui brûla la piste. (Il a d’ailleurs vite compris que danser avec moi revenait à quelque chose comme se trémousser avec un pingouin!) Tout y passe : de l’électro aux souvenirs d’adolescence des 2 Guillaume, en passant même par K-Maro. Vient ensuite le 1/4 d’heure slow qui se transforme vite en 1heure15 où quelques confessions sont chuchotées au creux de l’oreille, mais nous n’en dirons pas plus…
Lassés, nous remontons au bar fermé en déclenchant l’alarme et là encore, tout y passe : cercle littéraire sur la vie et l’œuvre de Mr Belin, fouille des coulisses, saut du bar, chansons paillardes, strip-tease, batailles de chaises…
Il est 4 heures du matin, les paupières s’alourdissent et il est temps d’aller dormir quelques heures car demain, le départ ne se fera, hélas, pas sans nous.
Pauline


Photo : Robert, Guy & Nicole écoutant notre chanson. 29.08