6eme jour : visite des ateliers Swarovski et détente.

Mardi 25 août 2009

Visite rapide des ateliers Swarovsky à Wattens, où l’attente est déçue face à une exposition moderne faussement brillante à base de cristal hors de prix. Il s’agit donc en réalité de l’une des plus grosses escroqueries autrichiennes : faire semblant de visiter une fabrique pour terminer en bas avec la mastercard dans la boutique plus grande que le musée.

L‘après-midi se passe à l’hôtel Schwarzbrunn de Stans et vaut le détour, entre piscine, jacuzzi, sauna, hammam, fitness et ping pong. Inutile de préciser que l’ambiance est excellente et que j’ai pris beaucoup de plaisir à mettre une dérouillée à tout le monde au ping ! (Je rends quand même hommage à Sylvain et à son joli coup de raquette ! )
Mais on a beau relâcher la tension, personne n’oublie pourquoi nous sommes ici et le travail de préparation pour la dernière soirée commence sur les chapeaux de roues. Tout est rapide, vif et poignant.

Je me souviendrai longtemps de cette remarque de Guillaume qui, appuyé sur le balcon à mes côtés, en train d’admirer la vue sublime sur les montagnes, lâcha : « En Autriche, tout pourrait être parfait sans les concombres et les nazis. »

La journée fut bonne, relaxante, voire bourgeoise et sans fausse modestie, ça fait du bien, surtout quand on termine la soirée par l’apprentissage du Chant des Marais.

Pauline

Photo : Groupe sous une sorte de voute de cristal. 25.08
Au premier plan : Hugo et Annie

5eme jour : Ascension du Schafberg, traversée du lac Wolfgangsee et route pour le Tyrol

Lundi 24 août 2009
Levé matinal, trop matinal pour tout le monde, mais déjeuner splendide en haut du Schafberg, une montagne de plus de 1780 mètres de hauteur. Panorama magnifique, avec, pour grimper, un train à crémaillère aussi long que remuant. La descente est à noter, quand nous avons assisté à la technique de drague de Will, Sylvain et Gaëtan. Et nous, dans l’autre wagon, à hurler des insanités et des chansons paillardes en guise d’encouragement. (Il est bien entendu à noter que la fille du bédouin restera dans les annales !)
Heureusement pour eux, ces trois japonaises ne parlaient pas français et Will pourra retourner la situation en affirmant que nous chantons des chansons pour enfants. (Soit elles sont naïves, soit Will est passé pour un imbécile : depuis quand les comptines ont-elles des gestes obscènes ?) Qu’importe, premier fou rire du groupe.
Redescendus, c’est une traversée du lac Wolgangsee qui nous attend, toujours avec des paysages somptueux, puis un repas à Sankt Gilgen, sans BOULETTES ! (Nous reprenons goût à la nourriture !) Puis route pour le Tyrol où à Stans, notre hôtel 4 étoiles nous attend.
C’est le début des journées de détente, des crises de rire, des éclaboussures dans la piscine, de la sueur au sauna, des bulles dans le jacuzzi, des sourires sincères, des mines radieuses sur les photos.


Pauline

Photo : Émilie, Guy et Jacqueline en haut de la montagne, 24.08

4eme jour : Visite du château d’Harteim et du Kommando d’Ebensee

Dimanche 23 août 2009

Il s’agit du dernier jour de visite d’un lieu de mémoire. Nous commençons par le château d’Harteim, un bâtiment magnifique qui abrita l’un des massacres les plus atroces du système nazi. Ici moururent sans aucun espoir d’y réchapper, plusieurs centaines de milliers de malades mentaux ou handicapés physiques. Il règne une ambiance absolument étrange, voire malsaine. Sans les plaques commémoratives et un mini-musée sur l’autisme, impossible d’imaginer de telles horreurs. Et pourtant…Nous sommes tous, un par un, déconnectés de la réalité. Fabien le prouve bien en disant, sans mesurer le poids de ses mots : « Les camps je veux bien, mais ça, non ». L’ambiance est épouvantable car le lieu est trop propre, trop lumineux, avec trop de couleurs et un soleil trop éclatant pour qu’il soit le témoin d’un massacre d’une telle ampleur. Annie nous raconte l’un de ses premiers voyages à Harteim : le château avait été aménagé en maison de retraite et en tentant de visiter les lieux, elle s’était faite bousculer tant le sujet est encore tabou. C’est ça aussi, l’Autriche.

Dernier jour probable de galère pour Gaëtan et moi, pris à part pour simuler une conversation soit-disant naturelle. Il est difficile d’oublier les caméras orbitant autour de nous mais quelques fois, nous y parvenons et la discussion devient intéressante : un nazi est-il humain ? Sans aucun doute. Y a-t-il de la pression ? Très certainement. Ont-ils conscience de ce qu’ils font ? Oui, et ils se lavent la conscience derrière des explications rationnelles. La lecture de mémoires nazies nous en apprendra plus. C »est bien aussi d’avoir, de temps en temps, la voix du bourreau.

L’après-midi, direction le Kommando d’Ebensee, où Giovanni, notre chauffeur, nous prouve sa valeur en manœuvrant Joli-Coeur dans des rues improbables. Nous rejoignons Andreas et voir que l’implication de ce militant chevronné n’a pas changé depuis 4 ans réconforte. (Allez-y, je vous attends au tournant les jeunes !)

Visite des tunnels où la température de 7°C nous congèle. Quand on pense aux déportés en plein hiver, notre petit frisson dans l’échine nous parait bien illusoire. Guy et Robert parlent de plus en plus, s’expriment plus paisiblement : Guillaume nous le fait remarquer et c’est vrai.

Dépôt de gerbes au pied du monument : « Pour la vie soit belle et libre, et que la France ait un printemps ». (dernière pensée d’un déporté mort à Ebensee.). Question à Andreas : comment les gens font pour vivre sur les lieux d’un camp de concentration, ouvrant leurs fenêtres sur un monument aux morts ? Ils savent, il m’en assure. Il y a quelque chose comme de l’incompréhension, de la lassitude, un système scolaire différent du notre, des parents qui ne transmettent pas… Finalement, l’explication se noie. Lui tente d’alerter les esprits de son pays et Guillaume nous raconte les larmes dans ses yeux lorsqu’il assura que la France viendrait encore, et encore ici. Une part de leur travail a réussi, Guy et Robert comprennent qu’ils ont fait beaucoup pour nous.
Une part de leur travail est accompli.
A nous désormais.

Pauline

Photo : Visite des tunnels d'Ebensee. 23.08
Le groupe écoute Andreas