Première visite : le kommando de Melk

Première visite : le kommando de Melk

En début d’après-midi, nous prenons la route pour le kommando de Melk, situé à 80km de Vienne. En entrant dans la ville, nous apercevons une magnifique abbaye, très proche du village. Guillaume nous demande alors de regarder une photo dans notre plaquette ; on peut y voir l’abbaye et le village de Melk vus du camp. « Si on peut voir l’abbaye depuis le camp, alors on peut voir le camp depuis l’abbaye ! » s’exclame Guillaume. Il est désormais impossible de prétendre que les civils et les religieux ignoraient l’existence de ce lieu de mort.
Nous continuons notre route. Guillaume nous avait prévenus la veille : pour une première approche du système concentrationnaire nazi, nous risquons d’être surpris. En effet, le kommando de Melk ne ressemble pas à l’idée que l’on se fait d’un camp. Nous nous arrêtons au bord d’une route bordée de maisons, et descendons du bus. Derrière une végétation opulente, nous découvrons une caserne militaire en pleine activité : c’est cette caserne qui, en 1944, est réquisitionnée pour loger les déportés creusant des galeries dans la colline de Roggendorf, travail durant lequel près de 5000 hommes trouveront la mort. Une vieille dame autrichienne sort de la maison voisine, nous souhaite la bienvenue en allemand. Elle nous accompagne jusqu’à un petit portail juste en contrebas de la caserne, derrière lequel on aperçoit une haute cheminée sortant de ce qui semble être le block du four crématoire. Elle seule garde les clefs qui permettent d’accéder à cette zone, seul lieu de mémoire encore préservé. Nous nous interrogeons alors sur l’avenir de ce lieu : lorsqu’elle disparaîtra, qui prendra le relais ?
Nous rentrons dans le bâtiment et découvrons la pièce principale, dans laquelle se trouve le four crématoire. Rapidement, Audrey et moi, anciennes lauréates, nous laissons envahir par l’horreur de ce lieu et tout ce qu’elle ranime en nous. Les premières larmes coulent. Nous visitons les différentes pièces et Guillaume attire notre attention sur un panneau présentant huit personnages, avec pour chacun une courte biographie écrite en allemand. Il nous décrit ces différentes figures et nous apprend que, côte à côte, se mélangent des résistants et des criminels nazis ! Nous sommes tous étonnés de voir que les créateurs du panneau ne font aucune distinction entre ces personnages que tout oppose !
Nous revenons dans la pièce principale, et Robert prend la parole. Il commence son témoignage, mais très vite, craque et se laisse emporter par ses souvenirs. Audrey, Nicole et Guillaume vont l’épauler et nous sommes tous très émus. Soudainement, ce lieu si froid, si vide, se remplit d’humanité. Nous commençons à réaliser la chance que nous avons d’être ici avec un ancien déporté nous racontant son histoire.
Nous nous plaçons ensuite en arc de cercle. Adrien, Rémy et moi restons un peu à l’écart car nous devons lire un extrait des Clartés dans la nuit, la Résistance de l’Esprit, de l’Abbé Jean Varnoux, ancien résistant et déporté du kommando de Melk. Le premier dépôt de gerbe a lieu, et nous entamons une minute de silence. Nous n’entendons plus un bruit, ce silence habite la pièce. Nous sentons le poids de ces âmes à nos côtés emplir l’espace. Puis Guillaume nous fait signe de lire. Je dois commencer, ma gorge se serre ; je lutte pour ne pas  laisser l’émotion me submerger et prononce enfin les premiers mots, d’une voix que je veux assurée, intelligible, digne. Rémy et Adrien prennent le relais.
Guillaume débute alors un discours. « Les déportés » ne sont pas un bloc, un groupe, une masse, mais des milliers d’individus, avec chacun une histoire, une famille, une personnalité. Si nous sommes ici, c’est d’abord pour rendre à chaque homme et à chaque femme déportés son humanité. Nous déambulons ensuite dans les différentes pièces, les voix de Guillaume et de Robert continuant de résonner en nous. Il faudra attendre la réunion du soir pour réussir à mettre des mots sur ce que nous avons ressenti.

 Marguerite

 

Voyage 2013

Voyage de Mémoire 2013

 

 

Bonjour, nous sommes les lauréats du concours départemental de la Résistance et de la Déportation 2013, dont le sujet était « Communiquer pour résister ».

Cette année le groupe se composait de :
-16 jeunes : Léna PROUCHET (16ans), Audrey MAINSANT (16ans), Marguerite REBOUX (17ans), Soazig LE FLOCH (15ans),    Audrey LARROUY (15ans), Marion SCHAVGOULIDZE (15ans), Justine FERRES (15ans), Sarah VERDUN (15ans), Alix GEYDET (15ans), Mathilde REGIS (15ans), Samantha COMPS (15ans), Juliette LEPINE (15ans), Adrien LAPORTE (15ans),        Adrien GORECKI (15ans), Rémy LE CALLOCH (15ans), Vivian LAYLLE (15ans)

-et de 10 adultes :
Robert CARRIERE : Résistant et déporté à 17 ans dans les camps de Buchenwald et de Dora. Il a passé 19 mois dans le système concentrationnaire nazi. Il participe au voyage depuis quelques années pour témoigner au nom de ses camarades de déportation et pour passer le relais à la jeunesse.
Nicole CARRIERE :  Epouse et meilleur soutien de Robert. Elle est toujours là pour l’épauler dans les moments difficiles comme dans les moments de joie.

Serge SOULA :  (alias Sergio) Élu au Conseil Général, il est son représentant durant le voyage. Passionné de physique et de salsa, il nous a fait partager sa bonne humeur au fil des jours.
Michèle COURTIN : (alias Michmich) Elle est chargée de mission auprès du directeur académique pour Histoire, Mémoire, action culturelle et ouverture internationale. Elle s’investit beaucoup pour que la mémoire de la déportation perdurent. Sa tendresse nous a aidés à supporter les moments difficiles.

Laurence BARDEAU-ALMERAS : Professeur d’Histoire Géographie en Collège. Véritable maman du groupe. Son engagement quotidien est un modèle pour nous tous.
Hélène ALZIEU :    Professeur d’Histoire Géographie en Lycée. Passionnée par sa matière,  elle nous en parle avec conviction. Elle a su nous soutenir durant tout le voyage.
Sandrine VICTOR : Professeur d’Histoire Antique et Médiévale à l’Université. Amie de longue  date de Guillaume. Toujours à l’écoute, ses conseils nous sont précieux.
Pierrot Chauffeur de bus à la moustache célèbre et véritable ami, il nous a accompagné tout au long du voyage.
Geneviève BARUS :  Organisatrice du voyage et représentante de la compagnie « Vacances  pour tous ». Toujours de bonne humeur elle nous aide à positiver.
Guillaume AGULLO (alias The Boss), directeur du Musée départemental de la Résistance et de la Déportation de la Haute-Garonne. Pilier du groupe, il anime le voyage avec passion et engagement. Homme à l’humour légendaire, il est toujours présent pour les jeunes comme pour les adultes et crée des liens forts entre nous tous.

Marguerite et Juliette