25 Août : Dernier jour…

Ce matin nous partons vers 12h pour rentrer à Toulouse. Après la nuit que nous avons passé on pourrait croire qu’une grasse matinée va de soit. Que nenni ! Certains font l’ouverture du petit déjeuner à 7h30 et sont à la piscine à 8h. Nous n’avons plus beaucoup de temps ensemble, la moindre minute compte, on ne va pas les gâcher à dormir ! Nous aurons tout le temps pour ça chez nous. Piscine et jacuzzi, on barbote dans l’eau, on discute, on profite. Surtout que, à cette heure là, il n’y a que nous dans la piscine. Mais vers 10h, le cours de gym aquatique arrive, pas de problème, allons profiter de ce beau soleil du Sud sur la terrasse. Ni une ni deux, transat et bronzage matinal. Quand vient le moment de remonter dans les chambres pour s’habiller avant de se rejoindre au bus, on quitte avec regret la terrasse. On se douche et on enfile le t-shirt blanc à l’effigie du conseil départemental. On ferme nos valises pour la dernière fois. En fermant la porte je jette un dernier regard à la dernière chambre d’hôtel que j’aurai partagée avec Liora. On met les valises dans la soute une dernière fois et on va s’asseoir.

Dans le bus l’ambiance est électrique, on discute, on rigole, on s’échange les Facebook, les Snap, les Instagram, les numéros, trafic de téléphone, on ne sait plus lequel est à qui, on donne surement 2 fois son numéro à la même personne mais tant pis. On s’arrête sur une aire d’autoroute pour manger le midi. Trouver de la place pour 28 personnes sur une aire dans le Sud à la fin du mois d’Août est digne des 12 travaux d’Hercule. En se serrant un peu on arrive tous à trouver où s’asseoir. En agençant correctement nos plateaux sur une table ronde, on a quand même réussi à se mettre à 7 sur une table de 5. En partant, un homme s’approche et nous demande : « Excusez-moi, j’ai remarqué que vous avez tous les initiales HG sur vos affaires, qu’est ce que ça signifie ? » C’est vrai que les initiales de Haute-Garonne sont sur nos sacs, nos t-shirt, nos gourdes, un porte clé et pour certains un petit bracelet… Pas très discret, mais on les porte fièrement. On retourne au bus et José met le cap sur la Ville Rose. En m’asseyant je ne peux m’ôter de l’esprit que le prochain arrêt sera le Conseil Départemental de Haute-Garonne à Toulouse…

Le voyage passe à une vitesse phénoménale, évidemment, le voyage retours parait toujours plus court parce qu’on sait que c’est la fin. La tension monte progressivement plus on s’approche de Toulouse. Les bouchons de la rocade, parfait, on grappille quelques minutes encore. On reconnaît les paysages, le casino, la Garonne, Rangueil, le canal… On fait une entrée mémorable dans la cours du Conseil Départemental, par la grande arche, avec notre bus de 3m96. Lorsque le bus s’arrête, que les portes s’ouvrent, certains descendent à toute vitesse retrouver leurs parents. Charlotte et moi sommes les dernières à descendre, après avoir rangé mollement nos affaires en s’échangeant des regards mélangeant mélancolie et nostalgie, étirant les secondes au maximum. Mais il faut bien descendre et retrouver nos familles. Je serre ma sœur dans mes bras, celle qui m’a le plus manqué, j’ai tellement de choses à lui raconter, je sais qu’elle me comprendra. Je rejoins le groupe du côté des valises pour récupérer la mienne, on se serre une dernière fois dans les bras, les larmes commencent à monter puis à couler, ces au revoir sont déchirants. Je sais que ma mère s’impatiente mais elle ne dit rien, elle sait que c’est difficile. On prend le temps de dire au revoir à tout le monde, un dernier câlin, un dernier sourire. Je ne veux pas accepter que ce soit déjà fini. Guillaume lance d’une voix forte « Ce soir réu à 21h30 ! ». Ses mots résonnent sur les murs de la cour du cd31. On rigole et je lui demande dans quelle chambre. Il me sourit et je réalise que c’est terminé et que tout cela va terriblement me manquer. Plus de réunion le soir, plus de débat sur les animaux cacher, plus de repas à 28, plus de trajet en bus, plus de chansons le soir, plus de contrepèteries dans le bus, plus de blagues sur la Bretagne à longueur de journée (oui même ça va me manquer). Ce soir je serai la seule avec une valise, ce soir je n’attendrai pas que Gene me donne la clé de notre chambre, je serai seule dans ma chambre je n’aurai pas Liora à mes côtés, je ne rejoindrai pas les autres après le repas pour s’entasser à 27 dans 10m², ce soir je ne discuterai pas avec Lucile, Manon et Liora jusqu’à 2h du matin…
Et demain alors… Demain Guillaume ne toquera pas à notre porte à 7h, demain je ne déjeunerai pas avec les autres, je ne referai pas ma valise en pensant au programme de la journée, je ne vérifierai pas d’avoir mon carnet et ma plaquette dans mon sac, demain je ne remonterai pas dans le bus. Je ne peux pas. Je ne peux pas accepter que ce soit la fin. Un élan de nostalgie s’empare de moi. Les images sont là collées à ma peau mais j’ai l’impression que c’était il y a si longtemps. Je reste encore un peu. Je ne suis pas la seule, Laurine et Liora ont beaucoup de mal à partir aussi.
Je me dis qu’il est temps de se rendre à l’évidence, je commence à retourner à ma valise. Dernier regard en arrière, je vois des yeux mouillés de larmes. Non, je ne peux pas partir maintenant. Demi tour et je vais serrer dans mes bras une dernière fois les derniers à partir. Je dois m’en aller, le cœur gros, j’attrape ma valise et me dirige vers le parking. Dernier sourire, dernier mouvement de main.

Me voila chez moi, dans ma chambre, assise sur mon lit. Tout me parait étrangement normal, affreusement normal. J’ai l’impression de sortir d’un rêve. D’un rêve dont je n’aurai jamais voulu me réveiller. Mais une certitude. Je ne les oublierai pas. Je n’oublierai rien. Ils ont fait partie de l’expérience humaine la plus forte de ma vie, celle qui m’a changée. On se reverra. C’est sûr. Le printemps refleurira.

Nolwenn

24 Août : Camp d’internement des Milles

Après une nuit un peu courte et quelque peu agitée, à trois dans deux lits simples, le réveil à 7h est difficile. Lorsque Guillaume toque à notre porte, je m’extirpe encore endormie du lit et vais lui ouvrir. Il me lance un regard étonné de me voir dans la chambre de Manon et Lucile avant de s’exclamer « Ha oui c’est vrai ! Tu es réfugiée toi, ça va tu as été bien accueillie ? ».  Au petit déjeuner, l’ambiance est à la rigolade, on blague encore sur les aventures de la veille. Nous partons ensuite direction Aix en Provence vers la dernière étape de ce voyage de mémoire, le camp d’internement des Milles.

Après avoir passé le portique de sécurité, nous commençons la visite par un petit film résumant le contexte historique et l’Histoire du camp avant de rejoindre notre guide dans la salle d’exposition. Le Camp des Milles est le seul camp d’internement encore intact en France. Il se trouve dans une ancienne tuilerie réquisitionnée en 1939 pour y interner les personnes ayant fuit l’Allemagne nazie. A partir de Juillet 1940, ce sont les étrangers des camps du Sud-Ouest, principalement des Espagnols ainsi que des Juifs. Le camp devient surpeuplé et les conditions de vie s’y dégradent fortement (maladies, vermines, promiscuité…). En Août et Septembre 1942, il devient un camp de transit des Juifs, hommes, femmes et enfants vers Auschwitz-Birkenau. Durant cette période, 2 000 Juifs de la zone non-occupée, dite « libre », sont déportés vers la Pologne. Les derniers occupants du camp le quittèrent en Décembre 1942. En 2012, le Site-mémorial ouvre durant l’été, donnant l’accès au public. La visite et les expositions sont faites pour tenter de comprendre comment l’Humain peut aller aussi loin. Elle commence par un volet « Historique » avec les évènements historiques marquants et les différents acteurs liés au camp des Milles, puis le volet « Mémoire » avec des témoignages et des photos ainsi que la visite des lieux, des sous sols et des étages. Au premier étage se trouvaient les hommes et au deuxième les femmes et les enfants. De certaines fenêtres on voit des champs et des forêts, par d’autres les rails et les wagons. Il fait une forte chaleur et on sent une odeur acre de poussière et de sciure, l’air que nous respirons nous irrite la gorge. Enfin un volet « réflexif », qui nous amène à réfléchir sur ce qui peut conduire à de telles horreurs. Il y a des résultats d’enquêtes sociologiques, psychologiques, des œuvres d’arts (dessins, caricatures, photos, écrits…), tout ceci nous fait créer un lien entre hier et aujourd’hui ainsi qu’entre les 4 grands génocides du XXe siècle (Arméniens, Juifs, Tziganes, Tutsis). La visite est extrêmement bien construite et intéressante et le guide était vraiment passionnant. Nous avons appris beaucoup durant cette visite. Les camps d’internement sont encore beaucoup tus dans nos mémoires, on en parle très peu, ce qui fait que nous savons très peu de choses à leur sujet.

Après la visite du bâtiment, nous suivons Guillaume jusqu’au wagon de déportation qui se trouve sur les rails, de l’autre côté de la route. C’est dans des wagons à bestiaux du même genre que les personnes internés dans le camp de Milles étaient déportés vers les camps de concentration et les centres d’extermination. Le wagon n’a pas de fenêtres, et se trouve à environ 1m20 du sol. Elle arrivait en moyenne au torse des adultes. Il n’y avait pas toujours de marche pied ni de quai, c’était donc extrêmement difficile de monter, notamment pour les personnes âgées, surtout de nuit, avec les cris et les coups.  Le wagon fait 20m², ils étaient entassés debout, de 80 à 120 personnes, pendant plusieurs jours, sans vivres. Les morts étaient entassés au fond ou tenus par les vivants tellement ils étaient serrés. Depuis les fenêtres du camp, on voit les rails et les wagons, les détenus voient les convois arriver et repartir. Tout le monde sait où ils vont et qu’ils ne reviendront pas. Ceux qui faisaient monter les gens dans ces wagons n’étaient pas des Allemands, c’étaient des Français. De plus on voit écrit sur le wagon « FRANCE SNCF ». En Août 1942, il n’y a pas encore de soldats Allemands en zone Sud. Près de 1 million de fonctionnaires Français ont participé aux convois de déportation depuis le camp de Milles. Ils ont une responsabilité dans la connaissance de ce qu’ils faisaient. Ils connaissaient la destination de ces trains. Après la guerre, ils se déculpabilisent en pointant les nazis, en disant qu’ils n’ont fait qu’obéir aux ordres. C’est une insulte aux victimes, aux hommes, aux femmes et aux enfants qu’ils ont envoyés à la mort. Les wagons passaient devant des maisons, les camps étaient bordés par des routes et des villages. Ils disent qu’ils ne savaient pas, mais ils voyaient la fumée des crématoires, ils entendaient les cris, ils sentaient l’odeur acre des corps brûlés. Ils ne voulaient pas savoir, c’est différent. Aujourd’hui nous faisons pareil, notamment avec la Syrie. Nous sommes en danger par ce refus de connaissances, notre Liberté est fragile, nous devons être vigilants. Nous devons nous engager pour la Liberté des autres afin de nous protéger nous même ainsi que les futures générations, comme des femmes et des hommes l’ont fait avant nous. Nous ne devons pas avoir peur de notre Liberté mais avoir conscience de sa valeur.

Camp des Milles

2e étage du camp

Wagon de déportation

Nous reprenons ensuite la route en direction de notre hôtel à Nîmes. Sur la route nous déposons Estelle, Suzanne et Jérôme à l’aéroport. Ces premiers « Au revoir » sont difficiles, ils nous rappellent que notre voyage touche à sa fin. Le mot qu’Estelle nous a écrit est plein d’émotion et nous fait monter les premières larmes aux yeux. Nous arrivons à l’hôtel en fin d’après midi mais pas question de se reposer maintenant ! On a du pain sur la planche pour préparer la soirée. Outre le fait qu’il faut se doucher, s’habiller etc, il faut surtout faire les diaporamas, répéter les chants (Chant des Partisans et Chant des Marais) et notre poème. On se rejoint tous dans une chambre pour travailler. Elise et Guéhane proposent de faire les diaporama ce soir. On chante alors les chants plusieurs fois car on a du mal à trouver le bon rythme. On finit par décider de se caler sur le rythme de Guillaume. On met ensuite le poème en voix pour la première fois (avec les péripéties de la veille, on n’avait pas mis nos vers en commun). On entend donc les vers des autres groupes, chacun sur le thème de leur strophe. Chaque groupe a écrit dans un style différent, chaque strophe a son rythme, sa particularité, sa beauté. Le poème est hétérogène mais fonctionne très bien, à l’image de notre groupe. Une fois que l’on s’est bien organisé, chacun retourne à sa chambre se préparer pour le repas et la soirée dansante. On à l’esprit trop occupé pour penser que ce sont les derniers moments que nous passons ensemble, et puis de toute façon on ne veut pas y penser, on veut juste profiter de cette soirée, de notre groupe, de nos blagues et de nos rires.

On se retrouve tous dans la salle de projection où l’on va visionner les diapos, chanter et réciter notre poème. Nous commençons par nous asseoir tous en cercle pour faire un point sur ce que nous avons vécu ces 10 jours. Guillaume nous demande de résumer en 1 phrase notre expérience. Nous nous y efforçons mais une phrase c’est dur, il y a trop de choses à dire. Mais ce qui ressort le plus ce sont les émotions et les liens qui se sont tissés dans le groupe. Durant ce voyage nous avons beaucoup appris sur l’Histoire, sur la Mémoire, sur les camps, sur la Fraternité, sur la transmission, sur beaucoup de choses, mais surtout sur nous même. Nous avons changé, grandis, muris. Ensemble. Ce voyage de mémoire nous aura marqués à jamais, chacun d’une manière différente. Nous nous plaçons ensuite en arc de cercle pour lire notre poème (Que vous pouvez trouver dans la catégorie « création des lauréats ») et chanter. Pendant les chants Guillaume appelle Jérôme en haut parleur pour qu’il puisse nous entendre, nous haussons la voix pour que ce soit plus distinct. L’émotion de Jérôme au téléphone est quelque chose que l’on n’est pas prêt d’oublier. On aurait voulu qu’il soit là, et Estelle aussi.

Nous passons ensuite dans la salle d’à côté pour le cocktail de l’amitié et le repas suivit de la soirée dansante tant attendue. On discute, on prend des photos, capturant ces derniers instants, on chante, on danse, on cri (un peu), on rit (beaucoup), on fait les fous. On est au bord de la tachycardie mais on s’en fiche, jusqu’à 2h on ne perd pas un seul instant. Même lorsque c’est la fin de la soirée, que l’on doit éteindre la musique et quitter la salle, on n’est pas résolu à aller nous coucher. On se regroupe une dernière fois, pour une dernière réunion, à plus de 20 dans une petite chambre, cherchant les meilleures places, sur le lit, par terre ou même sur la commode. On discute jusqu’à une heure que nous  avons oubliée, certains n’ont même pas dormi. Lorsque je regagne ma chambre, que le silence de la nuit est là, ça me tombe dessus. Ce que je m’étais efforcée de mettre de côté, de ne pas y penser. C’est finit. C’était le dernier soir, la dernière réunion, la dernière fois que je faisais ma valise, la dernière fois que je partage ma chambre d’hôtel avec Liora. Demain la parenthèse se ferme. Retour à la réalité.

Nolwenn

23 Août : Palais des Nations et UNHCR

Ce matin nous nous levons de bonne heure pour partir à Genève, visiter le Palais des Nations, siège européen des Nations Unies et le UNHCR, le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR). Pour l’occasion, Jérôme a sorti le costume, ce qui lui va à ravir. Nous nous arrêtons d’abord au bord du lac pour voir le jet d’eau haut de 140m, emblème de la ville et prendre des photos. Il fait grand soleil, ça fait plaisir après le ciel gris des derniers jours. Après avoir pris des selfis, des photos de groupe sous tous les angles, et tenté de photographier les cygnes du lac sans succès nous remontons dans le bus en direction du Palais des Nations. Après avoir eu quelques petites difficultés à trouver l’entrée, nous arrivons enfin, passons la sécurité sans problème (Guillaume avait bien veillé à ce que tout le monde ait sa carte d’identité) et retrouvons notre guide pour la visite. En voyant notre guide arriver, Gene et Guillaume sont entre le rire et le désespoir. C’est la même guide qu’ils avaient eu il y a quelques années avec un autre groupe de lauréats et elle était, disons, pas très vivante. Enfin, nous verrons bien, peut être que c’était un mauvais jour cette année là.

Sur le chemin pour nous rendre à la première salle, notre guide nous en dit un peu plus sur l’ONU. Elle a été créée en remplacement de la Société Des Nations en 1945, afin de garantir la paix, de lutter contre la pauvreté, maintenir la  cohésion internationale et promouvoir le respect de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Elle ne comptait au départ que 50 pays membres, elle en possède aujourd’hui 193. Il y a 5 places permanentes au Conseil National de Sécurités, occupées depuis 1945 par les Etats-Unis, l’Angleterre, la France, la Russie et la Chine, leur donnant un droit de véto. Nous arrivons alors à la salle de l’assemblée, impressionnante, près de 2 milles places. C’est ici qu’ont lieu des débats, traduits en 6 langues (Anglais, Français, Espagnol, Arabe, Russe et Chinois), auxquels des observateurs peuvent assister mais ne peuvent pas prendre part aux votes. Nous continuons ensuite vers la salle des Droits de l’Homme, en passant par des immenses couloirs avec des colonnes de marbre et une passerelle aux murs entièrement vitrés donnant vue sur le parc. La salle des Droits de l’Homme est spectaculaire. Elle est de forme circulaire et a un plafond coloré représentant les fonds marins, lieu de naissance des premières formes de vie et donc de l’Humain. Il a été réalisé à la main par l’artiste Espagnol Miquel Barcelo. Dans cette salle se tenait jusqu’en 2006 la Commission des Droits de l’Homme et du Citoyen qui a été remplacée par le Conseil des Droits de l’Homme et du Citoyen, qui a pour rôle de faire respecter les écrits sur les droits de l’Homme. La visite se finit dans cette salle, elle a duré 1h. La voix de la guide était monocorde et semblait réciter un texte mais je n’ai pas vu le temps passé, pour moi ça avait duré 20min.

Nous quittons le Palais des Nations pour nous rendre au HCR, où nous allons manger avant d’avoir l’intervention de 2 de leurs membres. Le HCR a été créé après la Seconde Guerre Mondiale, pour les réfugiés, les déplacés internes et les apatrides. Il n’avait pas été pensé comme quelque chose de durable et pourtant, c’est toujours d’actualité. Les réfugiés sont une question d’ordre mondial, elle nécessite donc une organisation internationale. Lors de sa création elle ne comptait guère plus de 40 employés. De nos jours se sont près de 10 800 personnes qui y travaillent. Le HCR a beaucoup évolué depuis sa création car il a dû s’adapter aux nouvelles formes de conflits ainsi qu’au nombre de réfugiés qui est un des plus grands depuis la 1945. La convention de Genève de 1951, a défini qu’est ce qu’un réfugié, quels sont ses droits et quels sont les obligations des Etats. Elles nous parlent ensuite des camps de réfugiés et du matériel. Il y a toujours des trousses de premiers soins, de l’eau, de la nourriture, des tentes et des couvertures prêts dans tous les pays. Les camps de réfugiés ne sont pas des espaces convenables pour accueillir des gens. Il y a un manque d’espace, d’hygiène, d’eau et de nourriture. Il n’y a pas non plus de système d’éducation ni de travail. Contrairement aux idées reçues, les pays ayant le plus accueilli de réfugiés sont l’Afghanistan et le Pakistan. Cette conférence de 2h au HCR aura été absolument passionnante, nous avons appris tant de choses. Les intervenantes étaient très vivantes et impliquées, on voyait qu’elles prenaient plaisir à nous expliquer. Nous les remercions chaleureusement avant de partir. Nous n’avons absolument pas visité les locaux du HCR mais nous sommes tous d’accord sur le fait que nous avons préféré cette conférence à la visite du Palais des Nations.

 

Au lac de Genève, devant le jet d’eau.

Photo de groupe devant le drapeau de l’ONU

Salle de l’assemblée

Salle des Droits de l’Homme

 

Ce soir nous dormons dans un hôtel dans le sud de la France et nous avons eu l’occasion de mettre en pratique nos connaissances apprises quelques heures plus tôt au HCR. Je m’explique : Après avoir fait la réunion dehors, dans le petit parc car la température d’une nuit d’été nous le permettait, nous décidons de rester un peu dehors le temps de travailler les chants et de mettre en voix notre poème pour demain soir. Comme les vers que nous avions écrits avec Lucile, Liora et Manon sont notés dans mon carnet, je vais le chercher à notre chambre. Sauf qu’une fois là-bas, impossible d’ouvrir la porte même en ayant retourné la carte dans tous les sens et essayé toutes les possibilités. Yazid me croise et me voyant toujours devant ma porte, il me demande ce qu’il se passe. Je lui explique donc que ma carte ne marche pas et que je ne peux pas rentrer dans ma chambre. Jérôme arrive mais rien n’y fait, la carte doit être démagnétisée. Guillaume rappelle tout le monde et demande à ce que chaque chambre vérifie que sa carte fonctionne. Trois chambres sont bloquées, celle de Liora et moi, celle de Yazid et Baptiste et celle de Jérôme. Il est 23h passées, la réception est fermée et personne ne répond au numéro d’urgence. Jérôme ayant laissé sa fenêtre entrouverte, Emeline arrive à se faufiler pour ouvrir la porte de l’intérieur. Hors de question que l’on dorme dehors, il reste 4 « réfugiés » à accueillir dans les chambres. Deux filles laissent leur chambre à Yazid et Baptiste et vont chacune dans une chambre de binôme fille. Liora est accueillie dans une autre et moi je vais chez Lucile et Manon. Vers minuit et demi ça y est, chaque réfugié a trouvé une chambre, on peut aller se coucher. Sonia et Estelle qui étaient parties dormir avant nous n’ont absolument rien entendu et n’avaient aucune idée de ce qu’il s’était passé avant qu’on leur raconte le lendemain. Nous avions donc eu une très bonne mise en pratique avec les différents acteurs : les réfugiés, ceux qui savent mais qui n’aident pas (les chambres de 3 ne pouvaient pas prendre une 4e personne), ceux qui aident et accueillent et ceux qui ne voient rien alors que ça se déroule (littéralement !) sous leurs fenêtres. Petit moment de stress mais au final on aura bien rigolé.

Nolwenn