23 Août : Palais des Nations et UNHCR

Ce matin nous nous levons de bonne heure pour partir à Genève, visiter le Palais des Nations, siège européen des Nations Unies et le UNHCR, le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR). Pour l’occasion, Jérôme a sorti le costume, ce qui lui va à ravir. Nous nous arrêtons d’abord au bord du lac pour voir le jet d’eau haut de 140m, emblème de la ville et prendre des photos. Il fait grand soleil, ça fait plaisir après le ciel gris des derniers jours. Après avoir pris des selfis, des photos de groupe sous tous les angles, et tenté de photographier les cygnes du lac sans succès nous remontons dans le bus en direction du Palais des Nations. Après avoir eu quelques petites difficultés à trouver l’entrée, nous arrivons enfin, passons la sécurité sans problème (Guillaume avait bien veillé à ce que tout le monde ait sa carte d’identité) et retrouvons notre guide pour la visite. En voyant notre guide arriver, Gene et Guillaume sont entre le rire et le désespoir. C’est la même guide qu’ils avaient eu il y a quelques années avec un autre groupe de lauréats et elle était, disons, pas très vivante. Enfin, nous verrons bien, peut être que c’était un mauvais jour cette année là.

Sur le chemin pour nous rendre à la première salle, notre guide nous en dit un peu plus sur l’ONU. Elle a été créée en remplacement de la Société Des Nations en 1945, afin de garantir la paix, de lutter contre la pauvreté, maintenir la  cohésion internationale et promouvoir le respect de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Elle ne comptait au départ que 50 pays membres, elle en possède aujourd’hui 193. Il y a 5 places permanentes au Conseil National de Sécurités, occupées depuis 1945 par les Etats-Unis, l’Angleterre, la France, la Russie et la Chine, leur donnant un droit de véto. Nous arrivons alors à la salle de l’assemblée, impressionnante, près de 2 milles places. C’est ici qu’ont lieu des débats, traduits en 6 langues (Anglais, Français, Espagnol, Arabe, Russe et Chinois), auxquels des observateurs peuvent assister mais ne peuvent pas prendre part aux votes. Nous continuons ensuite vers la salle des Droits de l’Homme, en passant par des immenses couloirs avec des colonnes de marbre et une passerelle aux murs entièrement vitrés donnant vue sur le parc. La salle des Droits de l’Homme est spectaculaire. Elle est de forme circulaire et a un plafond coloré représentant les fonds marins, lieu de naissance des premières formes de vie et donc de l’Humain. Il a été réalisé à la main par l’artiste Espagnol Miquel Barcelo. Dans cette salle se tenait jusqu’en 2006 la Commission des Droits de l’Homme et du Citoyen qui a été remplacée par le Conseil des Droits de l’Homme et du Citoyen, qui a pour rôle de faire respecter les écrits sur les droits de l’Homme. La visite se finit dans cette salle, elle a duré 1h. La voix de la guide était monocorde et semblait réciter un texte mais je n’ai pas vu le temps passé, pour moi ça avait duré 20min.

Nous quittons le Palais des Nations pour nous rendre au HCR, où nous allons manger avant d’avoir l’intervention de 2 de leurs membres. Le HCR a été créé après la Seconde Guerre Mondiale, pour les réfugiés, les déplacés internes et les apatrides. Il n’avait pas été pensé comme quelque chose de durable et pourtant, c’est toujours d’actualité. Les réfugiés sont une question d’ordre mondial, elle nécessite donc une organisation internationale. Lors de sa création elle ne comptait guère plus de 40 employés. De nos jours se sont près de 10 800 personnes qui y travaillent. Le HCR a beaucoup évolué depuis sa création car il a dû s’adapter aux nouvelles formes de conflits ainsi qu’au nombre de réfugiés qui est un des plus grands depuis la 1945. La convention de Genève de 1951, a défini qu’est ce qu’un réfugié, quels sont ses droits et quels sont les obligations des Etats. Elles nous parlent ensuite des camps de réfugiés et du matériel. Il y a toujours des trousses de premiers soins, de l’eau, de la nourriture, des tentes et des couvertures prêts dans tous les pays. Les camps de réfugiés ne sont pas des espaces convenables pour accueillir des gens. Il y a un manque d’espace, d’hygiène, d’eau et de nourriture. Il n’y a pas non plus de système d’éducation ni de travail. Contrairement aux idées reçues, les pays ayant le plus accueilli de réfugiés sont l’Afghanistan et le Pakistan. Cette conférence de 2h au HCR aura été absolument passionnante, nous avons appris tant de choses. Les intervenantes étaient très vivantes et impliquées, on voyait qu’elles prenaient plaisir à nous expliquer. Nous les remercions chaleureusement avant de partir. Nous n’avons absolument pas visité les locaux du HCR mais nous sommes tous d’accord sur le fait que nous avons préféré cette conférence à la visite du Palais des Nations.

 

Au lac de Genève, devant le jet d’eau.

Photo de groupe devant le drapeau de l’ONU

Salle de l’assemblée

Salle des Droits de l’Homme

 

Ce soir nous dormons dans un hôtel dans le sud de la France et nous avons eu l’occasion de mettre en pratique nos connaissances apprises quelques heures plus tôt au HCR. Je m’explique : Après avoir fait la réunion dehors, dans le petit parc car la température d’une nuit d’été nous le permettait, nous décidons de rester un peu dehors le temps de travailler les chants et de mettre en voix notre poème pour demain soir. Comme les vers que nous avions écrits avec Lucile, Liora et Manon sont notés dans mon carnet, je vais le chercher à notre chambre. Sauf qu’une fois là-bas, impossible d’ouvrir la porte même en ayant retourné la carte dans tous les sens et essayé toutes les possibilités. Yazid me croise et me voyant toujours devant ma porte, il me demande ce qu’il se passe. Je lui explique donc que ma carte ne marche pas et que je ne peux pas rentrer dans ma chambre. Jérôme arrive mais rien n’y fait, la carte doit être démagnétisée. Guillaume rappelle tout le monde et demande à ce que chaque chambre vérifie que sa carte fonctionne. Trois chambres sont bloquées, celle de Liora et moi, celle de Yazid et Baptiste et celle de Jérôme. Il est 23h passées, la réception est fermée et personne ne répond au numéro d’urgence. Jérôme ayant laissé sa fenêtre entrouverte, Emeline arrive à se faufiler pour ouvrir la porte de l’intérieur. Hors de question que l’on dorme dehors, il reste 4 « réfugiés » à accueillir dans les chambres. Deux filles laissent leur chambre à Yazid et Baptiste et vont chacune dans une chambre de binôme fille. Liora est accueillie dans une autre et moi je vais chez Lucile et Manon. Vers minuit et demi ça y est, chaque réfugié a trouvé une chambre, on peut aller se coucher. Sonia et Estelle qui étaient parties dormir avant nous n’ont absolument rien entendu et n’avaient aucune idée de ce qu’il s’était passé avant qu’on leur raconte le lendemain. Nous avions donc eu une très bonne mise en pratique avec les différents acteurs : les réfugiés, ceux qui savent mais qui n’aident pas (les chambres de 3 ne pouvaient pas prendre une 4e personne), ceux qui aident et accueillent et ceux qui ne voient rien alors que ça se déroule (littéralement !) sous leurs fenêtres. Petit moment de stress mais au final on aura bien rigolé.

Nolwenn

 

22 Août : Traversée de la Suisse

Ce matin nous partons de bonne heure car un long trajet de bus nous attend. En effet aujourd’hui nous traversons la Suisse jusqu’à notre hôtel à Annemasse, nous ne nous arrêterons que pour manger sur l’Aire de Gruyères. Le temps de route est conséquent mais chacun trouve une occupation, l’ambiance du bus reste animée. Au fond, on discute avec Guillaume. On apprend encore et encore et on rigole toujours autant. Charlotte et moi parions avec lui qu’il n’arrivera pas à faire croire à l’existence de la vache Milka. Guillaume ne perdant jamais une occasion de relever un défi, s’empare du micro du bus et commence à expliquer qu’en Suisse il y a une race de vache qui est appelée la Vache Milka en raison de la couleur mauve de ses poils, donnée par un variété de fleur. Au début certains sont sceptiques mais face à l’insistance de Guillaume, soutenu par Geneviève et aux explications qu’ils donnent 4 ou 5 finissent par y croire. Nous retenons la leçon : ne jamais parier contre Guillaume et son pouvoir de persuasion ! « Les gens sont naïfs, profitons-en ! » telle est sa devise. Certains dorment, d’autres lisent ou discutent entre eux, tout le monde a trouvé quelque chose à faire.
Nous profitons également du trajet pour faire les groupes et commencer à faire le poème pour la dernière soirée. On se met par 4 ou 5 et on se réparti les thèmes pour écrire chacun une strophe. Lucile, Liora, Manon et moi choisissons le thème de la prise de conscience et voulons faire des alexandrins. Mine de rien ce n’est pas si simple. Nous tournons sur des vers en 10, 11 ou 13 syllabes et sans avoir les parties des autres groupes, on ne peut pas savoir si nos vers fonctionnent avec ceux des autres.
Nous nous arrêtons sur l’aire de Gruyères pour manger. Repas dans la salle du restaurant à l’étage avec une superbe vue sur le lac et la montagne. Après le repas nous prenons une petite heure pour faire des achats à la boutique. Nous achetons principalement du chocolat (et oui tant que nous sommes en Suisse autant en profiter ! ) mais aussi des peluches, des boites à meuh, des tasses et autres. Sonia et Estelle réalisent un joli score de cadeaux mais Guillaume est toujours en course et il a pris tellement d’avance depuis le début qu’il est surement devenu imbattable. En attendant ceux qui finissent leurs emplettes, nous profitons de la vue depuis la terrasse ou jouons avec la balançoire. Une fois que tout le monde est là, nous repartons vers le bus et reprenons la route.
Le reste du trajet se poursuit dans la bonne humeur et Guillaume tente de convaincre Clarisse et Eléa de l’existence d’un village nommé Cassoulet dans le Gers. Malheureusement pour lui, après 1 semaine les filles se méfient de certaines de ses paroles. Nous arrivons à l’hôtel où nous sommes accueillis par un « Bonjour ! ».  Après 7 jours à entendre parler Allemand ou Autrichien cela fait réellement bizarre d’entendre à nouveau du Français. Ceci renforce notre impression d’avoir été dans notre bulle pendant ce voyage. Nous déposons nos valises dans nos chambres et allons rapidement manger. Quel plaisir de ne pas avoir au repas une énième dinde pannée avec des pommes de terre ! Nous retrouvons enfin des légumes dans notre assiette et Liora a même pu manger une salade de fruits en dessert.

Vue sur le lac depuis la terrasse du restaurant.

Nous sommes impatients d’aller visiter le Palais des Nations et le HCR demain à Genève.

Nolwenn

21 Août : Swarovski et stèle de la première armée

Ce matin nous quittons le Tyrol en direction de l’exposition Swarovski. Sur le chemin nous nous arrêtons à la boutique Chez Linda, magasin où l’on peut trouver à peu près ce qu’on veut, du costume traditionnel aux couteaux suisses, du schnaps aux bijoux sans oublier les casquettes à cheveux et les CD de musiciens inconnus. La boutique ne parait pas très grande de l’extérieur mais elle s’étend sur 3 niveaux et regorge d’objets en tout genre. On passe une bonne heure à déambuler dans les rayons. Certains achètent des cadeaux ou des souvenirs,  d’autres préfèrent s’amuser avec les casquettes et les chapeaux pour le moins étranges. Guillaume remporte une nouvelle fois la partie du meilleur client bien que la concurrence commence à devenir sérieuse. Avec le passage du groupe, la boutique a surement explosé son chiffre d’affaire.
Nous arrivons ensuite à Swarovski pour visiter l’exposition des Mondes de Cristal Swarovski dans laquelle le cristal est mis en scène sur des tenues, des œuvres d’art, des bijoux… C’est divertissant mais pas aussi intéressant que de visiter les ateliers ou autres. On circule rapidement dans les différentes pièces, entre les différentes créations avant d’arriver à la boutique qui est gigantesque.Nous reprenons un temps pour que ceux qui le veulent, achètent ce qui leur fait envie puis nous allons manger au restaurant de Swarovski. Après le repas, où nous avons une nouvelle fois eu droit à une escalope pannée et à un apfelstrudel, nous avons un peu de temps pour nous balader dans le parc ou retourner à la boutique pour ceux qui le voulaient, avant de remonter dans le bus pour nous rendre au col de l’Arlberg.

 

L’emplacement de la stèle de la première armée est pour le moins singulier, en effet elle se trouve sur une bande d’herbe le long de la route, à l’intérieur d’un virage. José arrête le bus sur le bas-côté et nous traversons jusqu’à la stèle. Elle marque l’endroit où les troupes du Premier Corps d’armée se sont rejointes le 7 Mai 1945, marquant la victoire de la première armée Française. Guillaume avait peur que nous soyons déconcentrés par la route à proximité mais malgré le bruit et les voitures, nous sommes tous restés captivés par son discours et celui de Jérôme. Ils nous racontent l’histoire de cette stèle et de ce qu’elle représente. Elle incarne la libération de l’Est et la victoire Française face à l’armée nazie. L’armistice et signée le lendemain, le 8 Mai 1945. Ensuite Guillaume nous parle de La Marseillaise, l’hymne national Français que nous avons tous appris et chanté. Tout le monde connaît le premier couplet et le refrain mais on ne sait pas ce que les paroles signifient. Le fameux « sang impure » n’est pas celui de l’ennemi comme nous le pensions. C’est en réalité celui des Français qui se battent pour leur pays et qui sont prêts à mourir pour le faire vivre et « abreuver leurs sillons ». Savoir ou connaître ne suffit pas. Il faut surtout comprendre les choses, comprendre de quoi on nous parle et de quoi on parle. On ne peut pas se contenter de prendre les choses telles qu’elles nous arrivent. Il faut les creuser, se demander ce qu’elles signifient vraiment, quels sont leur provenance et leur but. Nous devons développer un esprit critique. C’est ce que Guillaume nous a montré durant tout le voyage. Avec, souvent, la complicité de Geneviève, il s’est amusé à faire croire différentes histoires à certains d’entre nous et ce, dès le premier jour. Mais son chef-d’œuvre aura été d’avoir convaincu certains qu’il existait en Suisse un race de vache de couleur violette appelée la vache Milka.
Après cette explication sur La Marseillaise, Jérôme, Lucile, Lucie et Yazid déposent la gerbe et nous faisons tous une minute de silence. A la fin de cette minute, Guillaume commence à entonner La Marseillaise. Petit à petit nous le rejoignons et nous reprenons tous ensemble notre hymne national. Nous sommes 28 Français en terre Autrichienne, face à cette stèle, chantant, vibrant. De notre chant se dégage une grande force, un élan d’espoir et de détermination.

Dépôt de gerbe.

 

Le groupe devant la stèle.

Jérôme et Guillaume nous remercient mais c’est à nous de les remercier. Pour tout ce qu’ils nous ont transmis, pour tout ce qu’ils nous ont enseigné, pour nous avoir soutenus, pour nous avoir accompagnés et pour tout ce qu’ils font au quotidien pour défendre nos valeurs. Merci à vous.

Nolwenn