Présentation du Voyage de Mémoire 2015

En cette année scolaire 2014-2015, le sujet de composition du Concours National de la Résistance et de la Déportation était « La libération des camps, le retour des déportés et la découverte de l’univers concentrationnaire ». Le Conseil Départemental de la Haute-Garonne, en collaboration avec le Musée de la Résistance de la Déportation de Toulouse et l’association Vacances Pour Tous (dépendante la Ligue de l’Enseignement) organise et finance chaque année le Voyage de Mémoire pour les lauréats du Concours.

Notre groupe est composé de dix adultes et de seize jeunes, quatre lycéens et douze collégiens.

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  • Les adultes
  • Robert CARRIÈRE, résistant et déporté à l’âge de dix-sept ans, il témoigne aujourd’hui en la mémoire de ses camarades déportés. À chaque témoignage, il répète qu’il a eu « beaucoup de chance». C’est un homme digne, plein de vie et d’humour. Il transmet chaque jour son sourire, sa force et sa joie de vivre. Et c’est aussi un incontestable amateur de riz au lait !
  • Nicole CARRIÈRE, épouse de Robert depuis soixante et un ans, l’accompagne et le soutient lors de ses témoignages. Elle est toujours souriante et toujours là pour nous remonter le moral.

Robert et Nicole nous ont appris la tolérance et le respect. La complicité de leur couple nous a touchés et émus tout au long du voyage. Leur seule présence est une leçon de vie pour nous tous.

  • Guillaume AGULLO, directeur du Musée de la Résistance et de la Déportation. Il mène le voyage avec ferveur et engagement. Il nous amène à réfléchir, à nous poser des questions et nous fait comprendre l’importance de notre engagement dans la Mémoire. C’est aussi un homme à l’humour retentissant, qui attache une grande importance aux liens d’amitié et de solidarité créés durant le voyage.
  • Jérôme BUISSON, conseiller départemental. Très discret mais toujours de bon conseil. Il est toujours prêt à défendre et à servir avec conviction nos valeurs républicaines !
  • Geneviève BARUS, organisatrice du voyage et représentante de l’association Vacances Pour Tous. Elle est le bras droit de Guillaume : elle s’occupe de la toute partie logistique. Et elle est comme une maman, toujours bienveillante, distribuant mouchoirs et câlins ! Une femme très joviale et positive.
  • Michèle COURTIN, conseillère technique de l’Inspecteur d’Académie de la Haute-Garonne. Michèle, c’est comme Geneviève : tout aussi attentionnée et prévenante, douce et rieuse! Et puis, elle parle couramment espagnol et a partagé de longues conversions dans cette langue avec certains d’entres nous !
  • Nicolas BRUNEL, professeur d’histoire au Lycée Professionnel des Métiers du Bois de Revel. Très engagé dans sa matière, il souhaite promouvoir le concours dans les établissements professionnels. Comme nous tous, il a été très touché par voyage, et il a beaucoup essayé de nous comprendre. C’est aussi un grand blagueur, accompagné par Guillaume et Jérôme !
  • Fatiah BOUDJAHLAT, professeur d’histoire au collège Maurice Bécanne à Toulouse. Une grande dame, dans tous les sens du termes: toujours prête à rire, à blaguer et à se faire entendre. Elle nous soutient et nous instruit, de la même manière que les autres adultes autour de nous pendant ce voyage. Multi-faces, multi-attitudes, multi-cultures!
  • Frank LAPORTE, professeur d’histoire lui aussi, au collège François Mitterrand, à Caraman. Comme ses deux collègues, il prépare ses élèves au Concours de la Résistance et de la Déportation. Il peut se montrer un tantinet commercial lorsqu’il s’agit de vanter les mérites du T-shirt du Conseil Départemental : « Ni trop grand, ni trop petit, et en plus il ne tient pas chaud ! ».

  • Les jeunes

Nina ALMÉRAS, Violette CADUDAL-ILLY, Julie CASSÉ, Mathilde CAUNES, Laure CHEVALIER, Nicolas DARGELOS-DESCOUBEZ, Melissa DELÉON-NEY, Carla HUTS, Amandine MORIN, Luc PALUSKIEWICZ, Guillhem PECH, Pauline PERUCH, Julie-Anne PIRIS, Victor POUYLLAU, Alice ROZET et Margot VIDALINC.

Pour plus d’informations concernant certains résistants déportés, qui témoignent encore aujourd’hui ou qui ont témoigné, rendez vous sur le site du Musée de la Résistance et de la Déportation: http://musee-resistance.haute-garonne.fr/fr/index.html

Dernier jour : les enfants d’Izieu

Le dernier jour, le dernier mémorial auquel on ira ensemble pendant ce voyage.

Le bus roule dans les plaines de l’Ain en direction de la maison d’Izieu. A l’intérieur l’ambiance est tendue, différente des fois dernières, personne ne parle vraiment. Parce que nous nous dirigeons vers un mémorial, la maison d’Izieu, dans l’Ain, mais surtout parce que cette fois ce n’est pas un camp froid et lugubre, plein de tristesse, de larmes et d’horreur, comme ceux auxquels nous sommes déjà allés. Non, au contraire, la maison d’Izieu accueillait, comme un havre de paix, loin des conflits et des persécutions, une centaine d’enfants juifs dont peu importait la nationalité, car comme nous l’a dit Guillaume au camp de Gusen « c’est une histoire qui n’a pas de frontière ».

La voix de Guillaume s’élève pour nous annoncer que nous approchons du village d’Izieu. Sur la route, le bus se stoppe. Guillaume nous montre la stèle dédiée à ces 44 enfants ainsi qu’aux 7 adultes tous déportés et tués à Auschwitz. A la lecture des phrases inscrites sur la stèle, l’émotion se joint petit à petit à la tension.

Après quelques minutes à rouler à travers les plaines, nous comprenons le souhait de faire cette colonie ici et pas ailleurs : la maison se tient à l’écart du village, sur une colline qui surplombe le village voisin, le cadre est beau. Ici, les enfants pouvaient s’occuper des animaux de la ferme voisine ou s’adonner à tous les jeux auxquels aspirent tout enfant. Nous apercevons une bâtisse : grande, blanche aux volets bleu clair. Tout le monde l’a reconnue, c’est la maison en photographie dans la plaquette que le Conseil Général nous a donné. C’est là, nous sommes arrivés. Je n’ai aucun mal à imaginer que cet endroit ait été plein de vie, autrefois : tout faisait de cet endroit un « refuge ». Toutefois, nous sommes silencieux. Ce lieu n’est plus ce qu’il était, la convivialité et la chaleur humaine s’en sont échappés. Maintenant, c’est un bâtiment qui retrace leur histoire.

Guillaume nous explique alors plus en détails le rôle de cette maison. Plus d’une centaine d’enfants juifs de toute l’Europe sont passés ici afin de s’éloigner des dangers et des monstruosités de la guerre; quelques uns pour seulement quelques jours, d’autres pour plusieurs mois. Guillaume souhaite nous souligner le courage, mais aussi l’humanité dont on fait preuve Sabine et Miron Zlatine en installant cette colonie. Car en plus d’aider ces enfants, Guillaume nous informe que les religieux créaient de faux passeports afin de ramener le plus d’enfants juifs possible des camps de transit. Ils disaient aux gardes, preuves à l’appui : « Mais non, regardez, ils ne sont pas juifs ! ». Mais en plus de la témérité de l’action, le réel et constant dilemme était : « Combien de passeports prendre ? 3 ? Ce n’est pas assez, on peut en sauver plus. 7 ? Mais est-ce que ce n’est pas trop; est-ce que dans ce cas ils ne refuseront pas tout simplement de laisser sortir qui-que ce soit ? Et 3 uniquement, est ce que, seulement, les autres enfants seront toujours là lorsque nous reviendrons ? ».

Le mémorial ouvre et nous nous rendons dans l’ancienne grange, afin de visionner deux petits films. Le premier regroupe des extraits du procès de Klaus Barbie, qui est à l’origine de cette rafle du 6 avril 1944. Le sourire qu’arbore le coupable, face à ses accusations et surtout face aux témoignages des parents des enfants assassinés, me remplit d’effroi. En face de l’accusé se trouve une femme, appelée pour témoignage, qui dénonce en hurlant toutes les horreurs commises par cette personne. Sa voix est rauque, ses yeux sont humides, on sent la douleur et l’injustice suinter de son être. Apprenant que cet homme a lui aussi eu un enfant de l’âge des jeunes de la colonie à l’époque, une seule question nous vient à l’esprit : « Comment ? Comment un homme, un père peut ordonner une chose si atroce ? ». Le voir, sans aucun remord apparent face à ses accusations est presque insupportable. Le second film, réalisé par un jeune touché par leur triste histoire, retrace les parcours de ces enfants juifs venus de toute l’Europe. On est admiratifs de son engagement.

Ces projections finies, nous nous regroupons autour de la maison. La visite intérieure commence et nous entrons dans le vestibule, petite pièce vide mais étonnamment chaleureuse. On trouve en face un grand escalier en bois, et il n’est pas difficile d’imaginer les bruits des pas des enfants faisant craquer le parquet, et les rires d’autrefois emplissant la maison. Les imaginer ici, dans chaque pièce, semble si facile. Nous visitons la cuisine, où les enfants aidaient à préparer les repas, et une fois encore je vois combien la maison était pleine de vie. Puis nous nous rendons dans le réfectoire. C’est dans cette pièce vert pâle que sont exposés les lettres, dessins et petites histoires retrouvées des enfants. Ce sont des lettres d’anniversaire, des lettres aux parents, des lettres où les enfants expriment le désir de retrouver les leurs; des lettres si touchantes. Nous nous identifions à eux : parmi les enfants déportés, quelques uns ont le même prénom que certains d’entre nous, d’autres ont la même écriture que nous à leur âge, d’autres faisaient les mêmes types de dessins. Contempler ces témoignages de leur vie nous charge d’émotion, et les larmes coulent.
Il est tant de quitter cette pièce tellement forte, et nous suivons le guide Pierre-Jérôme dans la pièce qui servait auparavant de salle de classe. Nous nous asseyons aux pupitres. Et même si ce ne sont pas les pupitres d’origine, se retrouver à la même place que les enfants nous touche énormément. Pierre-Jérôme évoque la dénonciation de cette maison. Qui a bien pu dénoncer une colonie d’enfants ? La maison était excentrée, ils ne gênaient personne; qui pouvait bien vouloir du mal à ces petits ? Pendant longtemps le maire d’Izieu lui-même a été soupçonné, mais il n’y a jamais eu de réelles preuves.

Nous nous rendons ensuite dans les deux pièces qui servaient de dortoirs. A notre surprise, il n’y a plus de lits. La pièce est vide, comme pour rappeler la disparition de toutes ces personnes. Il ne reste plus que les portraits de tous les enfants déportés, sous lesquels on peut lire leurs prénoms, leurs dates de naissance, et celle de leur morts, si rapprochées l’une de l’autre. Nous craquons tous en voyant ces petites têtes souriantes. On se soutient, on se prend dans les bras, et on se sert fort, en larmes. « Qu’est-ce qu’il y a en toi ? Hmm ? … De la force. Dis-le. Qu’est-ce qu’il y a en toi ? » et après un peu d’hésitation, plus fermement : « – De la force. » Et c’est cette force, ce lien qui est né entre nous, qui me permet de rester dans cette pièce. Parce que sans vous je n’aurais pas pu. Nous prenons alors conscience de la véritable valeur de ce lien qui est né entre nous en 10 jours seulement.

Nous redescendons et sortons de la maison pour procéder à notre dépôt de gerbe. Mais cette fois, Guillaume veut que nous lisions chacun des 44 prénoms des enfants d’Izieu, avant la minute de silence. Pleins d’émotions, nous commençons : « Liliane. Henri-Chaïm. Joseph. Mina. Claudine. Georgy. Arnold. Isidore. Rénate. Liane. Max. Claude. Fritz. Alice-Jacqueline. Paula. Marcel. Théodor. Gilles. Martha. Senta. Sigmund. Sarah. Max. Herman. Charles. Otto. Emilie. Sami. Hans. Nina. Max Marcel. Jean-Paul. Esther. Elie. Jacob. Jacques. Richard. Jean-Claude. Barouk-Raoul. Majer. Albert. Lucienne. Egon. Maurice. » Ma voix tremble, mais ce n’est pas grave, tout ce qui compte est de leur rendre hommage, de ne pas les laisser tomber dans l’oubli. La minute de silence paraît si longue, mon esprit est rempli des photos des enfants, de leurs vies ici, de nos resssemblances; et en même temps cette minute est tellement courte, trop courte.
Puis Robert prend la parole. Il craque. Il nous raconte le massacre de dix enfants par un Allemand auquel il a assisté à Dora. « Je n’ai rien pu faire… » Notre lien apparu dans les dortoirs ressurgit et nous nous soutenons du mieux que nous pouvons. Guillaume enchaine ensuite sur le devoir de mémoire effectué à Izieu. Alors que cette histoire, et ces enfants étaient au départ oubliés, aujourd’hui grâce à ce mémorial ils ne le sont plus. Il nous rappelle une fois encore la fragilité de cette mémoire, et la nécessité de témoigner.

Nous nous regroupons sur le balcon, la gorge nouée. On se tient fort, et on se rassure : nous allons nous aussi témoigner. Raconter ce voyage, raconter l’atrocité du nazisme, raconter est nécessaire afin ne pas oublier et de ne pas y replonger. C’est aussi redonner un tant soit peu de dignité aux hommes, femmes et enfants emportés par le système concentrationnaire nazi. Parce que comme l’a, si joliment, dit Charlotte Delbo : « La vie a eu le dernier mot puisque quelqu’un revient et parle. »

Sarah et Alix

Cinquième jour: visite du kommando d’Ebensee

Cinquième jour: visite du kommando d'EbenseeCinquième jour: visite du kommando d'EbenseeCinquième jour: visite du kommando d'EbenseeCinquième jour: visite du kommando d'Ebensee

Lorsque le bus roule vers le kommando d’Ebensee nous sommes tous charmés par le paysage qui nous entoure : tout est vert, les maisons sont ornées de jolies fleurs, les lacs d’un bleu lumineux. Puis le bus entre dans le village d’Ebensee et ralentit sur une route entourée de maisons. Guillaume nous annonce alors que nous sommes arrivés sur l’emplacement de l’ancien kommando d’Ebensee. Nous regardons autour de nous, étonnés de ne voir que des maisons, des lotissements. Puis, nous voyons, sur une route parallèle, un arc en béton qui se distingue des lotissements. Guillaume nous explique qu’il s’agit de l’ancienne entrée principale du camp, que cet arc est quasiment le seul vestige de cette tragique période. Nous sommes pris d’une grande incompréhension : comment cet arc peut-être le seul reste de l’ancien camp ? Où sont donc les baraques, n’y a-t-il pas de  stèle en mémoire des déportés ?

Enfin, le bus se gare, nous nous dirigeons vers une petite forêt afin d’accéder aux tunnels dans lesquels les déportés devaient travailler aux projets de guerre nazis. En quelques minutes, nous passons d’un paysage lumineux, chaleureux malgré la fraicheur du matin, à un endroit sombre, humide. Devant nous se dresse, taillée dans la montagne, l’entrée d’un tunnel. Guillaume nous explique que lors de la guerre, 14 tunnels se trouvaient là. Aujourd’hui, seulement un nous est accessible.
Avant d’entrer, nous enfilons tous nos k-way, nos pulls, nos sweats car la température moyenne du tunnel est de 8°. A l’entrée du tunnel, une grande porte en bois est exposée. Guillaume reprend la parole et nous explique que lors de la libération cette porte a été transférée au camp de Mauthausen  où elle y est  restée pendant de longues années jusqu’à ce qu’un jour un ancien déporté du kommando d’Ebensee  la remarque  et certifie qu’elle provenait du kommando d’Ebensee.
C’est alors que nous entrons dans le tunnel, et déjà le froid nous empare malgré nos couches de vêtements. A cet instant, on pense tous aux détenus qui devaient rester dans ces tunnels glacials quotidiennement. Comment faisaient-ils pour ne pas tomber de froid, eux qui n’avaient que leur simple tenue de prisonnier ?  Nous avançons dans le tunnel avec toutes ces questions dans la tête.  Guillaume nous explique que ce kommando avait pour projet de produire des fusées capables d’atteindre les Etats-Unis. Cependant ce projet est remis en cause par l’urgence de guerre et Ebensee doit se concentrer sur la production de carburants et de pièces de moteurs de tanks.
Robert prend ensuite la parole et nous raconte la fusillade dans laquelle il a été pris. Est-ce les témoignages poignants de Robert ou alors est ce la froideur du tunnel, mais je me sens comme beaucoup d’entre nous, je pense, oppressée dans cet endroit lugubre. C’est probablement les deux.  Lorsqu’on apprend que certains détenus sont restés des mois dans ces tunnels, des mois sans voir la lumière du jour, un sentiment de révolte nous saisi.
Nous sortons. L’atmosphère est tendue.

 

Cinquième jour: visite du kommando d'Ebensee
Sur la route, nous amenant au cimetière dédié aux morts d’Ebensee, nous sommes stupéfiés de voir que des maisons sont construites à l’endroit même du camp. Comment les propriétaires peuvent ils vivre ici alors que tant d’atrocités y ont eu lieu ? Comment peuvent-ils construire des piscines là où tant d’hommes sont morts ? Comment peut-on vivre normalement dans un endroit avec une telle histoire ? Un drapeau à la tête de pirate sur le toit d’une maison semble là uniquement pour nous narguer.
Nous arrivons au cimetière. Voir qu’une fosse commune existe avec le nom d’une grande partie des déportés ayant perdu la vie, nous réconforte quelque peu. Finalement, la mémoire est toujours là. Nous nous regroupons autour de la stèle dédiée aux morts français d’Ebensee.  Cette fois, ce sont Marion, Juliette, Marguerite, Audrey M, Alix et moi qui lirons un poème. Il s’agit du poème Encore autre chose d’André  Ullmann, déporté à Ebensee.  Rémy et Justine, eux, déposent la gerbe avec Robert et Serge. Puis Guillaume et Sandrine honorent la mémoire d’un de leur ami.

 

Cinquième jour: visite du kommando d'EbenseeCinquième jour: visite du kommando d'Ebensee
La tension accumulée au cours de la matinée implose alors. Nous nous soutenons. Une fois nos esprits un tant soit peu repris, nous parcourons le cimetière. Je ne peux détacher mes yeux de l’immense mur de verre recouvert de tous les noms des déportés assassinés. La liste parait ne plus en finir. L’émotion revient, et encore une fois nous nous épaulons. Je n’aurais jamais cru qu’au bout de 5 jours, un tel lien puisse exister entre nous, que les mots de ces personnes puissent m’apporter autant de réconfort.
Nous quittons Ebensee le cœur lourd mais avec encore plus de force en nous.
Sarah.